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Cor Jesu Cor Mariae


Homélie du 14 mars 2010
Quatrième DIMANCHE DE CARÊME - année C



Le Fils Prodigue

       «Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pour juger le monde, mais pour que par Lui, le monde soit sauvé».
Dieu agit envers le monde comme un Bienfaiteur… Sur Terre, Il a fréquenté les pécheurs, les collecteurs d'impôt, les pécheurs publics.
Dieu a quitté le Paradis, le lieu de la tranquillité, pour aller chercher ceux qui étaient perdus.
Il a bâti une bergerie, l'Église, un lieu sûr contre les bêtes sauvages, les démons, les loups.
C'est vers Elle que revient l'enfant Prodigue, blessé par le péché.

       Au plus jeune de ses fils, le père avait donné le tiers de sa fortune, les deux tiers étaient réservés au Fils aîné. Il veut jouir de sa liberté, courir une vie d'aventure. Il est avide d'échapper à la tutelle de son père, la vie est pour lui un jeu. Il joue avec son corps et son argent, en allant dans un pays lointain pour ne pas compromettre sa réputation, ni celle de sa famille. Il est sans souci, mais cependant, il est bientôt ruiné et subit la famine. Cela rend plus douloureux son indigence. Il subit alors les conditions très dures des immigrés. Il doit manger des caroubes, sorte de petits pois que mangent les cochons.

       Le fils prodigue est privé de tout bien, de la grâce divine. Il n'a plus avec lui le pain du ciel, «Car l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu».
Aussi, il se nourrit des gousses des cochons, c'est-à-dire des bêtises, des plaisirs désordonnés. Il est mort spirituellement. Au milieu de sa misère, il rentre en lui même (il réfléchit. Jérémie disait «le monde est dans un grand malheur, car personne ne réfléchit dans son cœur». Aussi, l'Écriture nous dit «fais le compte des tes fautes pour te justifier». (Is 43,26). Le peuple d'Israël en exil, lui aussi, se souvenait : «Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion» dit le Ps 136.
Le jeune fils rentre alors en lui-même : «Je te cherchais dehors, alors que tu étais dedans». (Saint Augustin).
C'est le début de la conversion. Une conversion qui connaît des étapes. Un regret d'abord : combien de mercenaires chez mon Père ont du pain à satiété, et moi ici, je meurs de faim».
Ensuite, un désir de réparer : Confiant dans l'amour de son Père. «Je vais partir, et j'irai vers mon Père … Je lui dirai je ne suis plus digne d'être appelé ton fils». Dieu est très sensible à l'honneur que nous rendons à nos parents ! ( Quatrième Commandement).
Son désir de réparer et de s'amender n'est pas une velléité, cette volonté est suivie d'actes. Il partit et s'en alla vers son Père.

       Dieu nous a créé à son image. Cette image, nous l'avons défigurée, comme une pièce d'or qui tombe dans la boue.
Le père l'attendait. Touché de compassion, il se jette dans ses bras, ce qui pousse le Fils à faire l'aveu de ses fautes. «J'ai péché contre toi et le ciel, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils». Le Père accorde promptement le pardon, il n'en veut pas davantage. Il rétablit son Fils dans son premier état. «Je guérirai leur infidélité, car ma colère s'est détournée d'eux», disait Osée. «Je serai comme la rosée pour Israël, il fleurira comme le lis, et il poussera des racines comme le Liban » (Os 11). Ou encore «je serai leur Dieu, et ils seront mon Peuple, car je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché» disait Jérémie, ou encore le psaume «Dieu ne nous traite pas selon nos fautes, mais comme est la tendresse d'un Père pour ses fils, ainsi tendre est le Seigneur pour qui le craint !» Ps 102, 8-14
Alors, il Lui donne la meilleur robe; C'est à dire la grâce baptismale. Puis L'anneau et le soulier : c'est à dire la joie d'être libre et fortuné. IL fait tuer le veau gras; il peut participer de nouveau aux sacrements.
C'est la Fête, les instruments de musique symbolisent la joie retrouvée : «IL y a plus de joie au Ciel pour un pécheur qui se convertit, que pour 99 justes». En entendant cela, les publicains et les pécheurs s'approchaient de Jésus pour l'écouter. Cet homme fait un bon accueil aux pécheurs et mange avec eux, disaient les pharisiens.(Lc 15,1-2 ). Le Père redonne le vêtement de Fête, c'est-à-dire l'héritage dû au Fils. «Vous qui avez été baptisés, vous avez revêtu le Christ, nous dit Paul.

       En apprenant le retour de son frère, le Fils aîné est irrité. Il refuse d'entrer dans la maison. Il juge avec dureté l'attitude de son Père. Les chrétiens ont du mal, parfois, à accepter un converti ! Ce fut le cas de Anani avec Saül !
Il ne comprend pas son Père. Il ne dit pas mon frère, mais ton Fils. C'est l'attitude de Jonas devant la conversion des Ninivites. Aussi, il dit à Dieu, presque dépité : «je savais que tu es un Dieu de pitié et de tendresse, lent à la colère, riche en grâces, et qui te repent du mal ! »
Le fils aîné oublie qu'il est l'enfant de la maison «Mon enfant, tu as toujours été avec moi, tout ce que j'ai est à toi». Jésus nous dit : les prostituées nous précèdent dans le Royaume. Marie Madeleine avait compris l'amour de Dieu! Nous le comprenons, nous !
Personne ne peut mettre une limite à l'amour de Dieu.

Amen



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