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QUI EST LE PROPHÈTE ISAÏE ?
« Je serai ton messager, envoies-moi (Is 6-8) »



       C'est l'un des quatre grands Prophètes de l'Ancien Testament avec Jérémie, Ezéchiel et Daniel, celui qu'on appelait au Moyen Age le 5ème Évangéliste. On dit d'Isaïe qu'il est le prince des Prophètes, et même qu'il est un grand poète et un politique averti. Son nom, Isaïe, veut dire : «le Seigneur est le secours».

       Isaïe vivait à la cour du roi lépreux Ozias, puis du roi Achaz et du roi Ezéchias vers 740 à 700 avant Jésus Christ. Il était marié, et père de deux enfants. Il fut ainsi le conseiller des rois. Or, bien qu'aristocrate, il s'en prend aux abus et au luxe. Isaïe aime sa ville : Jérusalem, son temple, la fontaine de Siloë, les petites rues de Sion. Mais voici qu'une fumée monte toute proche aux abords de la ville, c'est celle d'un sacrifice païen, c'est celle du sacrifice des nouveaux nés que l'on offre à l'une des divinités païennes, en particulier à Moloch, le dieu des Ammonites.

         Un jour, Isaïe est en prière dans le Temple de Jérusalem. Il a une vision de Dieu, comme en avait eu Moïse au Sinaï. Dieu avait dit à Moïse (Ex3,4) «Je suis le Dieu de tes Pères… ». Une autre fois, alors que Moïse faisait paître les troupeaux de son beau père Jéthro, il avait vu Dieu dans un buisson ardent ( Ex33,23-34,6). Dieu s'était alors communiqué à lui sous le Nom «Je suis, celui qui suis».

       Un autre Prophète, mais qui ne nous a pas laissé d'écrits, avait eu lui aussi, une vision de Dieu à l'Horeb. C'était Elie (1R,19). Elie était alors poursuivi par la haine de la reine Jézabel qui adorait des divinités phéniciennes.

       Isaïe est le troisième qui entrevoit quelque chose de la gloire et de la grandeur de Dieu : «Je vis le Seigneur assis sur un trône grandiose et surélevé (1,39). Dieu se présente à Isaïe comme le Dieu trois fois Saint. «Sanctus, sanctus, sanctus», (Is 6,1) comme nous le répétons à la sainte Messe. Alors, son péché est à nu, découvert et purifié. Alors Isaïe comprend que la seule possibilité du salut, c'est la foi ( Is 7,9) : «si vous ne croyez pas, vous ne vous maintiendrez pas !»

       Isaïe perçoit que le grand péché de son peuple, c'est l'orgueil. Le salut, c'est encore la foi, on doit s'en remettre totalement à Dieu. Mais il faut que Dieu nous purifie et qu'il nous tienne. Le peuple devra choisir : ou Dieu, ou lutter contre Dieu et trouver la mort ! Isaïe reçoit alors des prophéties concernant le Messie qui doit venir, à travers le fils d'Achaz, le roi Ezéchias. Isaïe entrevoit l'envoyé de la paix : «l'Emmanuel» (Is 7,14), une prophétie que l'on reprend pour la Fête de Noël.

Le Message du Livre d'Isaïe

       Il sera de réaffirmer les promesses faites par Dieu à David, le grand roi pénitent d'Israël. Il rappellera à ses contemporains les obligations morales. «Si vous ne croyez pas, vous ne tiendrez pas»(Is 7,9). Le respect est dû à Dieu. L'amour a deux composantes : le respect et l'intimité. D'où l'angoisse d'Isaïe pour son peuple. Dieu lui dit : « qui enverrai-je, envoies-moi, me voici ! (Is 6,8)» répond Isaïe.

       En l'année 734, Damas et Samarie veulent faire entrer Juda dans une guerre contre l'Assyrie menaçante. Le prophète dénonce ces alliances, mais peu feront le choix d'écouter la voix de Dieu, d'où le chant de la vigne (Is 5,7). Dans cette complainte se manifeste toute la déception du Seigneur envers un Peuple qui ne l'écoute pas. Cependant, un reste, lui s'appuiera sur Dieu, ce petit peuple de pauvres d'esprit annonce l'Église qui surgira avec la naissance de l'Emmanuel (Lc 1,26).

       Pour ces pauvres, un Royaume merveilleux est promis, c'est le début des temps messianiques, le paradis perdu est alors retrouvé. Aussi, quand les armées envahissent la Galilée, le prophète annonce de loin la venue d'un Sauveur du monde qui vivra à Nazareth (Is 9,1). En 701, Isaïe annonce la libération du Peuple retranché à Jérusalem, les troupes ennemies, conduites par l'Assyrien Sennachérib, sont obligées de rebrousser chemin, décimées par la peste sur une intervention directe de Dieu.(Is 37,6 – 37,22)

         Au temps de Carême, l'Église nous parle souvent du Prophète Isaïe qui annonce un Messie serviteur souffrant dans le livre des consolations, et qui justifiera le monde par son sacrifice (Is 42-49-50-53). Écoutons cette belle page qui sera lue au temps de la Passion et qui concerne Jésus (Is 53,1-43) :

       «Qui a cru ce que nous entendions dire et le bras du Seigneur, à qui s'est-il révélé ? Comme un surgeon, il a grandi devant lui, comme une racine en terre aride, sans beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et sans apparence qui nous eut séduit, objet de mépris, abandonné des hommes, homme de la douleur, familier de la souffrance, comme quelqu'un devant qui on se cache la face, méprisé nous n'en faisions aucun cas. Or ce sont nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il s'était chargé, et nous le prenions pour un lépreux frappé par Dieu. Il a été broyé à cause de nos péchés et de nos iniquités. Le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui. Pour avoir connu la souffrance, il sauvera des multitudes. Le juste, mon serviteur se chargea de leurs fautes, il portait en effet les fautes des multitudes et il intercédait pour les pécheurs».





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