LE PROPHÈTE HABAQUQ



 
       C'est un Judéen qui prophétise à Jérusalem, sous Joachim. Habacuc (son nom signifie en hébreu embrassement) apparaît dans le Livre de Daniel, c'est un lévite. Saint Jérôme pense qu'il est le prophète transporté par un ange pour nourrir Daniel dans la fosse aux lions (Da 14, 33).

C'est un livre proche des poèmes liturgiques. Un commentaire des deux premiers chapitres du livre d'Habacuc a été retrouvé à Qumran chez les Esséniens. Il est cité dans Romain (1,17), Galates (3,11) et Hébreux (10,38). Habacuc est le huitième des petits prophètes.

Il pose le problème du mal. Comment des ennemis plus dévoyés que les Judéens peuvent servir de fléau au Seigneur. En effet, si Juda mérite un châtiment, ceux qui vont les déporter (les Chaldéens) sont bien pires encore, alors que penser. Habacuc est déconcerté de ce que Dieu semble laisser faire des hommes, voir même aider des impies qui vont déporter son peuple. Dieu lui répond, «le juste vit par la foi» (2,4).

La rétribution des impies viendra en son heure, Dieu est le Maître de l'histoire. Le problème du mal dans le monde ou les méchants semblent apparemment triompher reçoit ici une réponse. Les voies divines ne sont pas celles des hommes. Sa manière d'agir, si surprenante qu'elle soit, attend du croyant la confiance. Aussi, aucune sécurité ne doit se chercher en dehors de Dieu.
Le livre, composé de trois chapitres, prophétise la captivité des juifs de Jérusalem et de Juda à Babylone. Lui-même, le prophète, sera fait prisonnier. Aux deux questions du Prophète correspondent deux réponses divines.

A la première question, alors qu'Habacuc constate que l'injustice règne en maître à Jérusalem, Dieu répond par l'annonce d'un châtiment exemplaire par les Chaldéens «ce peuple farouche et fougueux, celui qui parcourt de vastes étendues de pays… Voilà, Ils ramassent les captifs comme du sable».

A la deuxième plainte du prophète «Pourquoi regardes-tu les gens perfides, gardes-tu le silence quand l'impie engloutit plus juste que lui»(2,5-20), le Seigneur répond alors: «voici qu'il succombe, celui dont l'âme n'est pas droite, mais le juste vivra par sa fidélité». C'est une invitation à garder la foi malgré les apparences, à garder la fidélité dans les promesses de Dieu.

Le chapitre 2 contient 5 paroles de malheur contre les ennemis et rappelle la justice de Dieu : «D'abord un malheur à qui amasse le bien d'autrui et qui se charge d'un fardeau de gages» (2,6), ensuite, «un malheur à qui pour sa maison commet des rapines injustes»(2,9).
Puis «un malheur à qui a bâti une ville dans le sang et fonde une cité sur l'injustice»(2,12).
De même «un malheur à qui fait boire ses voisins» (2,15). Et enfin «un malheur à qui dit au morceau de bois : réveille toi ! et à la pierre précieuse : sors de ton sommeil». (2,19)

Le chapitre 3 est un psaume liturgique qui est repris dans la lecture de la liturgie des Heures et qui reconnaît la puissance et la justice de Dieu. C'est aussi une prophétie sur le Christ annonçant sa puissance par la force de ses plaies «des rayons jaillissent de ses mains»(3,4). C'est enfin un chant de confiance qui fait exulter le Prophète.