La Genèse


La Révélation dans ce premier livre de la Bible nous présente la formation du monde d'une manière ordonnée.
Le récit de la Création a été rédigé pendant l'exil à Babylone, comme le pensent aujourd'hui les exégètes, et il s'adresse à un peuple qui a subi les conséquences de son péché, d'où l'exil. Le début de la genèse rappelle l'alliance faite par Dieu aux commencements de l'humanité. Fidèle à cette alliance Dieu invite son Peuple à une restauration.
Cette alliance avait été scellée à travers un ordre "Dieu dit": "et il en fut ainsi." C'est à partir de la Parole de Dieu que le monde est créé, c'est par cette même parole que le peuple de Dieu sera plus tard structuré par Moïse (les 10 commandements). Ainsi, dès le commencement du monde, celui-ci est informe et vague, puis il s'ordonne et se stabilise. Le temps découle de la création et les espèces végétales et animales apparaissent, pensées par Dieu. « Ainsi furent achevés le ciel et la terre, avec toute leur armée» (Gn2,1), « cette création est posée pour toujours sous une loi qui ne passera pas»(Ps 148).


Le Paradis terrestre (Le Louvre)
 
Les 5 derniers psaumes du Psautier, le Hallel rappellent la beauté de la Création et le juste repos de Dieu.
Le récit relatif au paradis terrestre à la chute des origines n'est pas un mythe, le site est bien déterminé (dans la région du Tigre et de l'Euphrate). L'homme y est gracieusement pourvu de privilèges par son Créateur (Sir 17,1-10). Adam, s'il est un nom générique, (le terreux), n'en n'est pas moins un nom propre. Adam est le nom propre du premier homme (Feuillet) (Gn4,25). Devant la faute de l'homme qui a voulu s'ériger en juge du bien et du mal, nous sommes en présence d'un évènement réel. Le serpent n'est qu'un prête-nom. Il désigne un être démoniaque beaucoup plus intelligent que l'homme, qui entraîne la femme dans un dialogue dont il sort vainqueur.
Par le péché de désobéissance et le manque de confiance dans la Parole de Dieu, l'humanité toute entière est entraînée dans la déchéance, mais le pro-évangile (Gn3,15) annonce le salut et le triomphe du Messie et de sa Mère sur le péché.

Les enfants d'Adam et Eve, Abel et Caïn correspondent à deux civilisations bien distinctes, l'une pastorale et nomade, l'autre agricole et sédentaire. Avec le meurtre d'Abel s'inaugure la violence dans l'humanité.
Après l'alliance en Adam, le déluge (7,1-5), qui revêt dans le livre un caractère universel(7,19-21), vient châtier une humanité dévoyée. L'alliance est renouvelée avec Noé, qui sauve chacune des espèces animales confiées à la responsabilité de l'homme. Dieu autorise de manger la chair des animaux, mais non le sang. L'arc-en-ciel manifeste le symbole de paix entre le ciel et la terre. Les patriarches issus de Noé sont des hommes religieux dont les bénédictions et les malédictions sont efficaces.

Le récit de la tour de Babel (11,1-9) est unique, la confusion des langues est le résultat d'une ambition démesurée de l'homme dans ses rêves de domination, et qui est alors dispersé sur toute la terre.
Avec Abraham, nous sommes mis en présence de l'homme béni par Dieu, fidèle à la Parole du Seigneur. Il se met en route de la ville d'Ur en Chaldée «sans savoir ou il va». le livre du Siracide (44,21) nous dit que nul ne lui fut égal en gloire», en raison de sa foi. Aussi, Dieu lui promet par serment de bénir toutes les nations en sa descendance» (Feuillet). C'est le personnage le plus grand de l'Ancien Testament. En émigrant de Chaldée en Canaan, il inaugure l'histoire sainte (Daniélou). S'inclinant pourtant devant le mystérieux Melchisedech, prêtre et roi de Salem, qui offre un sacrifice de pain et de vin au Dieu très haut, Abraham lui paye la dîme. Dieu bénit alors le patriarche en Ismaël le fils de sa servante Aga, mais c'est en Isaac, le fils de Sarah, que s'accomplit la promesse d'une bénédiction universelle. Alors que Dieu s'invite à sa table sous la forme de trois anges, Abraham intercède pour les pécheurs de Sodome, et sauve Lot, le seul juste de la ville.


Bénédiction de Jacob à Juda (Rembrant)
 
Mis à l'épreuve par Dieu qui le somme de sacrifier son Fils Isaac, Abraham obéit à Dieu qui épargne l'enfant, le comblant de sa bénédiction. A cause de son obéissance la descendance d'Abraham sera plus nombreuse que le sable au bord des mers et que les étoiles dans le ciel, et de cette descendance sera issu le Messie.
A Isaac, Dieu renouvelle la bénédiction de tous les hommes, et fait reposer l'alliance sur Jacob son fils, le confirmant dans ses bénédictions, et lui donnant le pays en héritage. Ce pays est divisé en lots correspondant aux douze tribus, dont chacun des chefs sera un fils de Jacob, auxquels seront ajoutés Manassé et Ephraïm, les fils de Joseph. Joseph, après l'intervention providentielle de Dieu, est devenu l'intendant de pharaon. Il fait descendre en Egypte son père Jacob avec ses frères poussés par la famine, et il les installe dans la plaine de Goschen où ils résideront en immigrés pendant plus de 400 ans.
C'est là que Jacob, avant de mourir, accorde ses bénédictions à ses fils dans une vision prophétique, annonçant à Juda le rôle primordial que jouera sa tribu.