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La Bienheureuse Vierge Marie dans la liturgie rénovée


INTRODUCTION


Notre-Dame du Fenouillet
 
       C'est conformément aux vœux du Concile (sc 25, 34, 35) que le pape Paul VI promulgue le nouvel «Ordo Missae», le 3 avril 1969. Le désir du pape était de satisfaire par cette réponse, aux exigences de la piété moderne, et raviver dans les consciences, la règle de la foi. Aussi est-ce dans cette ligne qu'il faut comprendre le renouveau du Culte envers Marie dans la liturgie rénovée. Le rôle de la Vierge, au travers du cycle des mystères du salut, y trouve une meilleure place, débarrassé de certaines redites et émondé de quelques fêtes.

       Mais à ce souci d'authenticité, Vatican II et la réforme liturgique qui en est issue, n'ont rien cédé sur l'essentiel de la foi relative à Marie. Le dogme de sa Maternité divine, reste le pôle autour duquel est ordonné son culte. La fête de Sainte Marie Mère de Dieu, célébrée désormais au 1er janvier, jette une lumière plus vive sur le rôle de Marie dans l'économie du salut. Le renouveau marial tient compte aussi du nouveau thème, Marie-Église en correspondance avec les développements théologiques actuels. Afin de répondre au désir œcuménique du concile, on a voulu fonder également la connaissance de Marie sur un apport de nouvelles lectures, qui ont un caractère plus spécifiquement marial.

       Ainsi, se dégage une image très moderne de la Vierge de Nazareth. «L'Église, dit Vatican II (Sc 103) contemple en Marie ce qu'elle-même désire, et espère être tout entière». «Elle brille devant le peuple de Dieu en marche comme signe d'espérance certaine et de consolation».

       Parler du culte de Marie, c'est parler en fait du culte dû au Seigneur, car c'est bien du Christ que ce culte tire son origine et son efficacité. C'est par le Christ que dans l'Esprit, il conduit au Père. On a parfois dénoncé la réforme post-conciliaire, comme anti-mariale, or la place de Marie reste en fait considérable dans la nouvelle liturgie. Elle est intégrée à la fois dans le Temporal, puis dans le Sanctoral, et à la messe de chaque jour. Toutes les anaphores la mentionnent selon un usage qui remonte au cinquième siècle (Cultus Marialis , Paul VI).


  1. LE NOUVEAU CALENDRIER DES FÊTES MARIALES
  2.        Les modifications apportées au calendrier romain des fêtes mariales ne sont pas majeures (P. Jounel). Le culte envers Marie reste tributaire des anniversaires liés aux grandes basiliques mariales de Jérusalem. Ainsi la Dormition-Assomption célébrée originairement dans l'actuelle basilique orthodoxe de Gethsémani. La nativité de Marie à la probatique (maison de Sainte Anne). La présentation de Marie au temple, à la basilique Sainte-Marie-la-neuve, monument érigé en 543 sur la colline de Sion, face à l'esplanade du temple.

           Les Églises d'Occident et d'Orient puisent également leur vénération envers Marie, la Mère de Dieu, dans le souvenir des grandes solennités du Seigneur, spécialement dans son Incarnation, aux fêtes de Noël et de l'Épiphanie. D'où le retour de la solennité au 1er janvier, qui célèbre la maternité divine dans l'Octave de Noël.

           L'ancien missel romain honorait la Vierge par trois fêtes de première classe : Annonciation, Assomption, Immaculée Conception, neuf fêtes de deuxième classe, quatre fêtes de troisième classe et deux commémoraisons : celle de Notre-Dame de la Merci et celle du Mont Carmel.

           Dans le nouveau calendrier ont disparu, la fête du Saint Nom de Marie, (le 12 septembre), la fête de Notre-Dame des neiges (le 5 août) devenue dédicace de Sainte-Marie Majeure. La commémoraison de Notre-Dame de la Merci, le 24 septembre a été supprimée. L'une des innovations majeures sans doute, a été le transfert des fêtes mariales de l'Annonciation (25 mars) et de la purification (le 2 février) aux fêtes du Cycle du Seigneur.

           Aujourd'hui, aux différentes classes de fêtes on a préféré les appellations de solennités, de fêtes, de mémoires obligatoires ou facultatives. Le nouvel Ordo comporte ainsi :

    1. Trois solennités qui célèbrent : la maternité divine (1er janvier), l'Assomption (le 15 août) et l'Immaculée (le 8 décembre). La nouveauté réside essentiellement dans la renaissance de l'antique fête romaine «du Natale Sanctae Mariae» (maternité divine ) au 1er janvier. En invitant les fidèles à recourir à Marie, l'Église adore dans l'enfant de la Vierge, le prince de la Paix, et ce premier jour de l'année est devenu selon les vœux de Paul VI une journée mondiale de la paix.


    2. Deux fêtes qui célèbrent : l'une la Nativité de Marie (le 8 septembre), l'autre la Visitation (le 31 mai) instituées assez tard au Moyen Âge en 1389, sous l'influence de Saint Bonaventure. Cette fête s'est célébrée jusqu'en 1969 (le 22 juillet). Elle a été transférée au 31 mai, entre l'Annonciation du Seigneur et la Nativité de Jean-Baptiste.


    3. quatre mémoires obligatoires :
    4. La présentation de Marie au temple, toujours le 21 novembre qui, par-delà le donné apocryphe fait revivre une vénérable tradition célébrée en Orient.
      Notre-Dame des douleurs, fixée traditionnellement le 15 septembre.
      Marie-Reine, jadis célébrée le 31 mai est transférée aujourd'hui au 22 août, constituant ainsi une sorte de jour Octave de l'Assomption, en remplacement de la fête du Cœur immaculé de Marie, devenue aujourd'hui mémoire facultative.
      Notre-Dame du rosaire le 7 octobre comme dans l'ancien missel.

    5. des mémoires facultatives : souvent ce sont des anniversaires liés à un motif de culte local, mais qui par leurs significations ont acquis un caractère plus universel, ou sont rattachés à un lieu de pèlerinage. Ainsi, le 11 février, Notre-Dame de Lourdes, liée aux apparitions à Sainte Bernadette Soubirous.
      Le cœur immaculé de Marie, au lendemain de la fête du Sacré-Coeur. Cette dévotion populaire est reliée au XVIIème siècle du courant spirituel de Saint-Jean Eudes. Le pape Pie XII consacra le monde en 1942 au cœur de Marie, 25 ans après les apparitions de Fatima.
      Notre-Dame du mont Carmel, le 16 juillet qui fut célébrée dès le 17ème siècle par les Carmes. Benoît XII étendit en 1726 à toute l'Église universelle cette fête qui commémore l'apparition à Saint-Simon Stock.
      Il est certain qu'en dehors du calendrier romain, d'innombrables fêtes célèbrent Marie.
      Dans le liber Hymnium du propre monastique, on trouve au 9 juillet la mémoire de la bienheureuse Marie Vierge et Mère de la Providence. Chaque nation, chaque Église locale, comme chaque famille religieuse honore la Mère de Dieu. Ainsi au propre du Luxembourg, la Vierge Marie consolatrice des Affligés, le samedi après le quatrième dimanche de Pâques. En Sarthe, Notre-Dame du Chêne le 1er septembre. En Anjou, Notre-Dame des Gardes, en Provence, Notre Dame des grâces le 10 août. À tout cela est, il faut ajouter, la mémoire de Sainte-Marie le samedi, facilement utilisable grâce à la souplesse du calendrier actuel.


  3. LE LECTIONNAIRE
  4. Un lectionnaire attentif au fondement biblique du culte dû à la Vierge

           Le renouveau porte surtout sur le choix des lectures de l'ancien et du nouveau Testament qui sont plus nombreuses que dans le missel Tridentin. Ces textes ont été choisis en tenant compte de l'exégèse actuelle. En les écoutant nous sommes invités à les lire comme parole de Dieu et aller militer avec la Vierge (Luc 2, 5) dans la lumière des Pères et du magistère de l'Église.

           Le missel tridentin insistait sur les Évangiles où intervenait la Mère de Jésus. Ainsi, «l'Ecce Ancilla.» (Voici la servante du Seigneur ) à l'Annonciation (Luc 1,26). Puis «Le Beata viscera» (Bienheureux le sein qui t'a porté) à la Présentation. On répétait ainsi six fois le récit de l'Annonciation et cinq l'acclamation de la femme anonyme. La première lecture était souvent empruntée à la littérature sapientielle. Ainsi avec le livre des proverbes «Dominus possedit me» (le Seigneur m'a créé) (8,22-35) (Immaculée et Nativité de Marie) puis celui du Siracide 24 ,17 «Ego Quasi vitis» (Je suis comme une vigne) (au Saint nom de Marie, pour la Maternité le 11 octobre, au Cœur immaculé ainsi qu'au Commun ou à la Visitation). Sans nier ce qu'avaient de marial ces textes, Vatican II manifestera une certaine prudence pour des lectures qui servaient autant pour les fêtes des Vierges. Lumen Gentium (LG 67) insiste pour que l'on ait une attention rigoureuse avec un fondement biblique qui doit être dû au Culte de la Vierge. Les lectures de l'Ancien Testament reprises dans le missel font alors apparaître progressivement la figure de la femme, Mère du Rédempteur. Ainsi, à la fête de l'immaculée, où Marie est annoncée prophétiquement (L G 55). Puis dans le prophète Isaïe (7,14) à la messe du 20 décembre et de l'Annonciation, où Marie est désignée comme la Vierge qui conçoit et met au monde un enfant dont le nom est Emmanuel, de même dans le prophète Michée (Michée 5,43) à la Fête de la Nativité de Marie.

           Aux divers temps liturgiques de l'année, les textes du nouveau Testament cités dans Lumen Gentium, seront repris, soit pour montrer en Marie la servante du Seigneur, au travers des mystères joyeux, douloureux ou glorieux, soit pour voir en elle le modèle de l'Église (Ep 5,27) sans tache, ni ride et qui engendre et éduque ses enfants (Rm 8,29.)

           Pour illustrer cette présentation du lectionnaire, voyons maintenant concrètement l'ordonnance des lectures mariales aux temps de l'Avent et de Noël.

    1. durant la semaine préparatoire à Noël : du 17 aux 24 décembre :
    2. La liturgie aime à évoquer le rôle de Marie dans l'œuvre du salut. Déjà, le 8 décembre, la fête de l'immaculée nous situait dans ce temps de préparation fondamentale. Après l'évocation du prophète Isaïe, et le rôle joué par Jean-Baptiste, Marie devient le point d'aboutissement de l'attente.
      • Le 17, l'Évangile nous montre Jésus au terme d'une longue généalogie commençant en Abraham et qui se termine à Marie de laquelle, Lui le Christ, est engendré (Mathieu 1,17).
      • Le 18, la messe insiste sur la réalisation de la prophétie d'Isaïe «Ecce Virgo concipiet» (Voici qu'une Vierge enfante) (Mathieu 1,18-24).
      • Le 19, la première lecture (Juges 13,2-25) souligne l'analogie entre la naissance de Samson, dont la mère fut saluée par un ange avec celle du Christ.
      • Le 20 le texte est essentiellement marial. Soit le prophète (Isaïe7, 10,16) soit Luc (1, 26,38), nous parlent de l'Annonciation. Marie, remplie de l'Esprit Saint, devient le temple du Très Haut.
      • Le 21, les deux lectures au choix évoquent Marie comme la colombe du Cantique des Cantiques (2,8-14), et comme la fille de Sion du livre de Sophonie (So 3,14-18). L'Évangile de la Visitation nous prépare directement à l'événement de la naissance.
      • Le 22, c'est encore un récit de naissance miraculeuse : celle de Samuel (1,24-25), le Magnificat (Luc 1,46-56) se rattache au cantique d'Anne, la mère de Samuel qui célèbre la foi des humbles.
      • Le 23 enfin, la venue est toute proche, la première lecture est prise au livre de Malachie (3, 1-24) qui clôture ainsi la révélation de l'Ancien Testament.

             Si la liturgie rappelle fréquemment, comme nous venons de le voir, la figure de la Vierge aux fériés du 17 au 23, le dimanche qui précède Noël fait aussi retentir la voix antique des prophètes sur Marie et le Messie.
      Ainsi le quatrième dimanche de l'Avent
      • année A, (Isaïe 7,10-16) «Ecce Virgo concepiet - une Vierge enfantera». De même l'Évangile du doute de Joseph (Mathieu 1,18-24) «ne crains pas de prendre pour épouse Marie.»
      • année B, la promesse de Nathan à David (2 Samuel 6,1-16) est mise en relation avec l'Évangile de l'Annonciation. (Luc 1,26-38)
      • Année C, le prophète Michée (5,14) annonce la naissance du Messie à Bethléem, tandis que l'Évangile est celui de la Visitation (Luc 1,39-45) «comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi !»

    3. au temps de Noël
 
       En ce temps de Noël, Marie est vraiment servante du Seigneur, et figure de l'Église. Les premières lectures sont prises au livre d'Isaïe, tandis que l'Évangile selon Luc sert de référence à la contemplation du mystère de l'Incarnation. L'Évangile de la messe de la nuit (Luc 2, 1-14) rappelle que Marie met au monde son fils premier né. A la messe de l'aurore (Luc 2,15-20), Marie médite tous ces événements dans son cœur. À la messe du jour (Jn 1,1-18), c'est elle qui donne au Verbe de se faire chair. Ces lectures font toutes écho à Isaïe.
  • Le dimanche dans l'octave (Sainte-Famille), Marie est modèle pour l'Église tout entière.

  • Elle apparaît à la fois soumise à la Providence.
    - Année A : (Luc 2, 13-23) «Joseph prit l'enfant et sa mère et se retira en Égypte.»
    D'une fidélité exemplaire à la loi, et déjà victime de sa compassion.
    - Année B :(Luc 2,22-40) «ton cœur sera transpercé par un glaive».
 
Reliques de la crèche à Sainte Marie Majeure
        Attentive et inquiète dans sa recherche de Jésus.
        - Année C : «mon enfant pourquoi nous as-tu fait cela ?» (Lc 2,44)
      • Le 1er janvier, avec la célébration de Sainte-Marie mère de Dieu, nombreuses sont les évocations prophétiques qui sont reprises des Pères de l'Église et précisent les privilèges et le rôle de Marie. Aux antiennes des laudes et des vêpres du bréviaire, Marie est comparée à la toison de Gédéon, au buisson ardent, Elle est celle en qui l'Écriture s'accomplit. Elle est aussi la tige de Jessé, le Père de David. Celle qui permet l'échange admirable entre la terre et le ciel. Saint-Paul dans son Épître aux Galates(4,4) résume tout cela à la messe du jour, quand il nous dit : «Dieu est né d'une femme.»
      • A l'Épiphanie, Marie Mère du Roi présentera son enfant à l'adoration des Mages (Mathieu 2,2-11). Déjà, c'est son rôle de mère de l'Église qui apparaît. Le service du Seigneur passant, chez Marie, par le don qu'elle fait au monde de son enfant.
      Terminons cette approche, en disant quelques mots sur les lectures de la solennité.
 

  1. Le jour de l'immaculée, le 8 décembre
  2.        Avec le texte de la Genèse (Gen 3, 9,20) la première lecture annonce la victoire de la descendance de la femme. «Par ce texte dit Vatican II (LG 55) c'est Marie qu'on devine déjà prophétiquement présentée sous cette lumière, dans la promesse qui est faite à nos premiers parents tombés dans le péché, de la victoire sur le serpent .»
    La deuxième lecture (Ep 11, 3,12) est une annonce du projet salvifique de Dieu sur son peuple. La lecture de l'Évangile «Missus est» (l'Ange Gabriel fut envoyé) (Luc 1,26) nous fait contempler celle qui est ornée dès le premier instant de sa conception et saluée par l'Ange (LG 56). Dans son fils, Marie acquiesce alors également pour toute l'humanité.
 
Notre Dame du Bon Conseil

  1. LES GRANDS DOGMES SUR MARIE DANS LA LITURGIE
    1. SA MATERNITÉ DIVINE
    2.        Cette solennité mariale célébrée désormais au premier janvier, fut instituée dans la Liturgie romaine par le Pape Pie XI, pour commémorer le quinzième centenaire du Concile d'Ephèse (431). La liturgie rattache à la proclamation de la TEOTOKOS le souvenir de St Cyrille d'Alexandrie (26 juin) qui fit condamner Nestorius, patriarche de Constantinople.

             Dans La collecte de la messe de St Cyrille, il est dit que la maternité divine de Marie a trouvé en ce saint, un invincible défenseur.
      Au premier janvier, plutôt que de maternité divine, on parle plus concrètement de la solennité de Sainte Marie mère de Dieu, conformément à la tradition.
      Jusqu'à la réforme de 1969, cette fête était célébrée au 11 octobre, date à laquelle le bienheureux pape Jean XXIII avait ouvert le Concile Vatican II pour le placer sous la protection de la Mère de Dieu.
      C'est constamment, que nous retrouvons l'affirmation de ce dogme, au long des célébrations du Sanctoral, du Temporal ou de l'Eucologie.(le paroissien)

      1. au jour de la solennité
      2. La messe du Premier janvier ne cesse d'affirmer que Marie est Mère de Dieu.
        - En particulier dans l'antienne d'ouverture : «le Salve Sancta Parens» (Salut sainte Mère qui enfante) composé par Sedulius et qui est propre désormais à ce jour.
        - Aux Prières de la Messe, ainsi la prière sur les offrandes où il est dit : «puisque cette fête de Marie Mère de Dieu nous fait célébrer notre salut dans son germe».
        - Au lectionnaire, dans la 2ème lecture (Ga 4,4) : «Dieu a envoyé son Fils né d'une Femme». L'Évangile de même (Luc 2,16 - 21) nous fait découvrir l'enfant nouveau-né avec Marie sa mère et Joseph.

      3. aux autres fêtes
      4. L'Évangile de la Solennité de l'Assomption (Luc l, 39-56) nous fait méditer le cri de vénération d'Elisabeth «Comment ai-je le bonheur que la Mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi. Déjà la première lecture prise dans le prophète Sophonie (So 3, 14-18) au 3ème dimanche de l'Avent annonce prophétiquement cette naissance « Réjouis-toi, Fille de Sion, le Seigneur Dieu est en Toi».
        La même louange se retrouve aux Antiennes de la messe du Cœur Immaculé : «Rendons grâce avec la Mère du Sauveur», et à celles du commun de Marie.

      5. les Prières sont aussi une source de cette foi de l'Église.
      6.        Selon l'adage : (lex orandi , lex credendi, la loi de la prière est la loi de la foi.)
        Celles du 1er janvier, les Collectes du 14 et 15 août, de la Nativité de Marie, de Marie Reine, du Commun du Temps Pascal. Les prières sur les offrandes au Cœur Immaculé ainsi que celles après la communion. La Prière des messes au Commun de Marie .

      7. les préfaces
      8.        La Préface de la Maternité divine est un résumé de cette foi. Les deux préfaces ordinaires de la Vierge honorent Marie comme Mère de Dieu : «Elle qui a conçu le Fils Unique lorsque le Saint Esprit la couvrit de son ombre.»
        On ne peut être complet, mais qu'il suffise ici de mentionner l'hymnaire qui recèle des formules variées, toutes très riches de signification : Ainsi, l'Ave Marie Stella, aux 2èmes Vêpres du Commun, le Beata Dei Genitrix de St Pierre Damien aux Vêpres du 8 septembre, le Virgo Dei Genitrix (XIII) et d'autres hymnes composés par le Père Lentini (Osb), moine au Mont Cassin.
        Concluons en mentionnant les Antiennes finales des Complies que l'Église met chaque soir sur nos lèvres : l'Alma, le Salve, et surtout le Sub-Tuum de Jacobo Benedetti, regardé par de nombreux liturgistes comme la prière la plus ancienne connue sur la Mère de Dieu

    3. SA VIRGINITÉ PERPÉTUELLE
    4.        Parler de la Virginité perpétuelle de Marie, est une vérité de foi qui s'appuie sur de nombreux symboles et Actes du magistère. C'est l'enseignement des Papes, St Léon le Grand, Alexandre VIII, celui des Conciles (Calcédoine, Orange, Constantinople, Latran.)
      C'est la pensée des Pères, St Ambroise, St Cyrille. Marie est la Vierge. Elle l'est demeurée avant, pendant, et après l'enfantement. Dans les litanies de Lorette on aime d'ailleurs à invoquer Marie sous le titre «Reine des Vierges.»
      C'est cette Foi de l'Église que nous retrouvons dans les textes liturgiques.

 

  1. dans les Préfaces
  2.        Les préfaces propres des solennités de l‘Assomption et de l'immaculée le déclarent : «Cette Vierge pure devait nous donner le Sauveur l‘Agneau immaculé». Les Préfaces de la Sainte Vierge Marie I et II en parlent.

  3. dans les prières
  4.        Un peu partout, on s‘y réfère, mais l'exemple de la collecte de la Nativité de Marie est significative «Dans son amour pour les hommes, que ton Fils vienne en aide à notre secours... puisque sa naissance n'a pas altéré, mais consacré la Virginité de sa Mère».
    Chaque jour, à la Messe, on l'affirme dans le Confiteor. Le dimanche, dans le Credo : «ex Maria Virgine». De même, on retrouve pareille affirmation dans les Prières Eucharistiques (N° l et II) ainsi qu'aux «Communicantes» de la Prière I dans l‘Octave de Noël, de Pâques, de l'Ascension et de la Pentecôte.

  5. dans l'Hymnaire
 
               La Virginité perpétuelle y est proclamée comme à une source intarissable. A l'office des lectures de la Nativité de Marie, le Poème «Voici la Mère Virginale» s'en fait le chantre. Au commun de Marie, par l'hymne Ave Marie Stella qui souligne la singularité de la virginité de Marie «Virgo Singularis inter omnes mitis , nos culpis solutos, mites fac et castos».( Vierge singulière, douce entre toutes, délie nos liens, rends nous doux et chastes.) L'hymne des lectures et celui des vêpres du 15 août font retentir la même louange : «Vierge fidèle» ou «Voici l'épouse inépousée».

      1. dans les antiennes
      2.        La Virginité perpétuelle de la Vierge Marie est affirmée dans l'antienne (N° 2) de la Solennité de l'Assomption, parallèlement à l'antienne (N°2) de la Nativité de Marie, le 8 septembre. Ainsi avec les antiennes (1 et 2) du Commun elles rejoignent celles des Laudes du 15 août : «Entraîne nous, Vierge très pure, que nous courrions sur tes pas, à l'odeur de tes parfums». C'est cette Virginité qui, comme le dit l'antienne de la Nativité, a illuminé le Monde.
        Pour conclure, on peut citer l'éloge de St Germain de Constantinople qui est repris dans la liturgie des jours du 15 août : «selon l'Écriture tu apparais dans la beauté, ton corps tout entier est chaste et saint».

    1. SON ASSOMPTION
    2.        Bien avant la proclamation du dogme par le Pape Pie XII, le 1er novembre 1950, le peuple chrétien, dans son sens de la foi (sensus Ecclesiae), avait cru au mystère. En Orient aussi bien qu'en Occident, des liturgies étaient solennellement célébrées en l'honneur de Celle qui est montée jusqu'à la Gloire du Ciel avec son Corps et son Âme. (Collecte du 15 août). Il semble certain qu'en Orient, le 15 août était célébré par une fête mariale du «dies natalis» (jour de la naissance au Ciel de la Vierge). Le calendrier liturgique des Nestoriens, des monophysites, des Éthiopiens et de l'Église d'Arménie, le mentionne.

             La fête liturgique de l'Assomption, tire son origine de la fête de la Dormition instituée à Byzance au VIIème siècle.
      La vérité dogmatique trouvait alors des défenseurs illustres en St Modeste de Jérusalem (634), et St Jean Damascène honoré dans le calendrier Romain comme docteur de l'Église (le 4 décembre).
      En Occident, le premier témoin de la foi en l'Assomption est Grégoire de Tours (VIème siècle). Le Sacramentaire qu'Adrien 1er adressa à Charlemagne, en parle. Aujourd'hui on retrouve cette même vérité d'abord :

      1. dans les Préfaces
      2.        Dans notre liturgie elle est surtout affirmée, à la vigile et à la solennité du 15 août. L'Assomption, tout comme la virginité perpétuelle de Marie, découle de sa maternité divine.
        Dans la Préface propre de la solennité, il y est dit que «Marie fut préservée de la dégradation du tombeau, Elle dont le corps avait porté le propre Fils de Dieu». La même foi est proclamée dans les collectes de la Vigile et de la Messe du jour, ainsi qu'aux prières 2 et 3 de la messe.

      3. dans les Antiennes
      4.        L'antienne d'ouverture de la mémoire de Marie Reine (le 22 août) nous dit que Marie, notre Reine se tient aux côtés du Christ. Les Antiennes des Vêpres du 15 août, résonnent de la même acclamation : «Marie est enlevée dans le Ciel, tous les Anges bénissent le Seigneur. Elle resplendit de la Gloire de Dieu». Un écho est fait alors de la victoire de Judith : «Tu es bénie du Seigneur, Toi qui nous a donné le fruit de la Vie.»
        Au livre des jours, l'Église est invitée à lire la proclamation du dogme faite par Pie XII, tandis que le soir, les antiennes de la nuit nous invitent à prier Celle qui brille comme un signe d'espérance devant le Peuple de Dieu. Ainsi l'Ave Regina Caelorum, le Regina Caeli.

      5. Au lectionnaire
      6.        - Le 14 et le 15 août, chaque lecture évoque le triomphe de Marie. Le soir, on lit dans livre des Chroniques (1 Ch 15) le transport de l'Arche de Silo à Jérusalem qui symbolise l'entrée au Ciel de la Vierge Marie. L'Arche qui est traditionnellement l'une des figures de Marie (St Germain de Constantinople, St Jean Damascène, St Modeste). L'épître de Paul (1, Co 15) célèbre la victoire de la mort sur la vie dont Marie est la première à prendre part dans une expérience unique.

               - Le 15, avec la lecture de l'Apocalypse (Ap 11, 19) et celle du Psaume 44, ainsi que la deuxième lecture (Cor 15, 20-26), ce sont les combats et la résurrection des fidèles qui sont annoncés : «chacun à son rang». Entre le Christ et la résurrection finale, Marie occupe une place privilégiée. L'évangile de Saint Luc (1,39-56) exalte le triomphe des humbles dont Marie est le modèle parfait.

    3. SON IMMACULÉE CONCEPTION
    4.        La solennité actuelle reprend pour une grande part la messe Gaudens Gaudebo (En exultant je me réjouirai), composée en 1863 pour la proclamation du dogme par le bienheureux Pie IX (1854). L'ancien Ordo s'était surtout inspiré de la messe de Leonardo Nogarelli, approuvée par Sixte IV.
      Regardons aujourd'hui sa présence dans la liturgie :
 

  1. le 8 décembre
  2.        La collecte de la messe du jour reprend l'argument du bienheureux Dun Scot, affirmant que l'Immaculée Conception est une conséquence de l'action rédemptrice du Christ. La préface propre toute nouvelle expose l'innocence initiale de Marie, Figure de l'Église : «fiancée sans tache, ni ride, resplendissante de beauté».

           La lecture prise au livre de la Genèse (Gen 3, 9.20) se substitue à celle du livre des Proverbes, (Pro 8,22-35) (Dominus possedit me, le Seigneur m'a créé prémices de ses œuvres) de l'ancien Ordo. Un parallèle est ainsi esquissé entre Eve et Marie, deux femmes immaculées dans leur conception. La lecture de Luc(1,26) (l'Annonciation) exprime tout le contenu du dogme «Tu es comblée entre toutes les femmes».

  3. aux autres fêtes
 
               Même vérité ressortira à la messe de la Présentation au temple, le 21 novembre, tandis que la collecte de Notre Dame de Lourdes, le 11 février, y fera écho : «puisque nous célébrons en ce jour la Mère de Dieu, la Vierge immaculée».
        A la fête du Cœur immaculé, on retrouvera les mêmes affirmations, soit dans la lecture d'Isaïe, «il m'a enveloppé d' innocence» (1 S 61, 9-11) , soit dans la collecte : «Dieu a préparé dans le cœur de la Vierge, une demeure digne de l'Esprit Saint».
        Au livre des jours, le 8 décembre, la prière de St Anselme à Marie s'inscrit tout à fait dans la tradition de l'Église anglo-saxonne qui eut l'honneur de célébrer la première en Occident, la fête de l'Immaculée.

      1. les Antiennes
      2.        Chacune des antiennes des Laudes et des Vêpres de la Solennité sont de petits chefs d‘œuvre. Elles sont reprises aux antiennes : «Tota pulchra es Maria et macula originalis non est in Te, Tu es toute belle, ô Marie, indemne de toute faute originelle, Tu Gloria Jerusalem... Tu Laetitia Israël. Toi la gloire de Jérusalem, Toi la joie d'Israël. Vestimentum tuum quasi nix (Ton vêtement est semblable à la neige)». O quam casta mater. (O Mère que tu es chaste), Benedica es tu O Maria «Trahe nos Virgo lmnaculata. Post te curremus in odorem unguentorum tuorum». (Attire nous Vierge Immaculée, que nous marchions vers l'odeur de tes parfums).

  1. MARIE, MÈRE DE L'ÉGLISE
  2.        Le chapitre VIII de Lumen Gentium, qui traite de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu dans le mystère du Christ, et de l' Église, ne parle pas expressément de Marie comme Mère de I' Église. Tel qu'il se présente, ce texte représente un compromis.
    Une position entre les tenants d‘un schéma séparé et ceux qui estimaient que la dévotion envers Marie dépassait dans leur Pays les limites du raisonnable. En fait ce texte fut inclus dans le schéma sur l'Église.

           C'est en fait, sous l'influence des Évêques polonais (en particulier du cardinal Wynzinski) que Paul VI proclama Marie Mère de l'Église le 21/11/1961. «Marie est mère de l'Église, c'est-à-dire de tout le Peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des pasteurs». Ce titre disait le Pape appartient à l'authentique substance de la dévotion à Marie, trouvant sa justification dans la dignité même de la Mère du Verbe incarné. Dans (Signum Magnum) Paul VI ajoutera que cette dévotion s‘étend à toute l'histoire de l‘Église, et que Marie est signe d'unité entre tous les Chrétiens.

    1. MARIE, FIGURE DE L'ÉGLISE
    2.        Selon Vatican II, (Lg.63) Marie est Figure de l'Église dans l'ordre de la foi, de la charité et de l'union au Christ. Elle enfante le Fils, que Dieu a établi premier d‘une multitude de frères (Rm 8, 29). Puisqu'en liturgie, la loi de la foi doit déterminer la loi de la prière, nous retrouverons cette vérité de l‘Église exposée dans le nouveau missel.

      1. ainsi dans les Préfaces
      2.        Le 15 août, nous lisons que «Marie est la parfaite image de l'Église à venir, l'aurore de l'Église triomphante, qui guide et soutient l'espérance du Peuple Chrétien.» Dans la préface de l'immaculée, elle est celle qui préfigure l'Église, la fiancée sans tâche, ni ride, resplendissante de beauté.

      3. dans les Prières :
      4.        Non seulement dans son Assomption, et dans son Immaculée Conception, mais c'est aussi dans sa Communion intime à la passion du Christ que Marie est figure de l'Église. Le 15 septembre, dans les prières de la collecte et de la Post Communion, on demande à Dieu d‘accorder à son Église, de s'unir comme Marie à la passion du Christ :«puissions-nous dit la prière 3, en nous rappelant la compassion de la Vierge, accomplir en nous pour l'Église, ce qu'il reste encore à souffrir des épreuves du Christ.»

    3. MARIE MODÈLE DE L'ÉGLISE
    4.        Durant sa vie terrestre, Marie a réalisé le modèle parfait de disciple du Christ. Animée de toutes les vertus, elle a incarné les béatitudes évangéliques.
      Dans l'Antienne de la messe de la Visitation, on peut contempler le chef d‘œuvre, en qui l'Église a atteint sa perfection : «Venez vous tous qui craignez Dieu, que je vous dise ce que le Seigneur a fait pour moi».
      - Marie appelle les croyants à communier comme elle, au sacrifice rédempteur. Dans le Stabat, le 15 septembre : « daigne graver dans mon cœur les plaies du crucifié, fais que je pleure avec Toi».
      - C'est également vers elle que l'Église regarde dans son œuvre apostolique. Ainsi, à la collecte de la Visitation : «accorde-nous d'être dociles au souffle de l'Esprit Saint».
      - C'est en Marie encore que l'Église exulte de joie. (Post communion de la Nativité) «Tu refais les forces de ton Église». «Donnes lui d'exulter de joie». «Heureuse de la Nativité de la Vierge Marie qui fît lever sur le monde, l'espérance et l'aurore du salut».
      - Marie favorise aussi la foi au Christ dans la Communauté apostolique. Ce sont là des moments de salut d'une immense portée ecclésiale, à Cana (Jn,3) (Deuxième Dimanche ordinaire), au Calvaire (Jn,21), (le Vendredi saint) à la Pentecôte.
      - Mais c'est la foi de Marie, elle-même, qui devient modèle pour toute l'Église. «Bienheureuse, Toi qui as cru». Évangile de la visitation (le 15 août). De même, son espérance, dans la Préface (du 15 août) «Elle qui soutient l'Espérance du Peuple de Dieu encore en chemin». Ou encore son amour, (le 2 février) ou (le 15 septembre) : «O source d‘amour, faites-moi éprouver vos souffrances, pour que je pleure avec Toi».

    5. MARIE MÈRE DE L'ÉGLISE
    6.        Comme le disait Paul VI, dans son exhortation apostolique Signum Magnum, le 13 mai 1967, le texte de l'apocalypse (Ap 12, 1) de la messe de l'Assomption, (Première lecture) doit être rapporté à Marie, Mère de tous les hommes.
      C'est lorsque le Fils de Dieu prend d'Elle, la nature humaine, que Marie devient Mère de l'Église. La collecte de l'Annonciation (le 25 mars) nous dit que : «l'Eglise n'oublie pas qu'Elle a commencé, le jour où le VERBE s'est fait chair». Avec l'Évangile (Luc I, 26-36) c'est toute l'humanité qui commence son retour à Dieu dans le «fiat» de la Servante du Seigneur.

             Dans une audience générale, le 27 mars 1964, Paul VI dit que Marie est Mère de l'Église d'une façon particulière lorsqu'elle fut associée à l'œuvre de la Rédemption. Jean au Calvaire représente l'Église et Marie devient sa Mère (passion selon St Jean) le Vendredi Saint : «Fils, voilà ta mère».

             Enfin, nous trouvons ce rôle maternel de Marie dans l'exposé de St Chromace d'Aquilé au livre des jours, le jour de la Pentecôte, «L'Église, dit ce saint, se réunit dans la Chambre haute du Cénacle avec Marie qui fut mère de Jésus et ses frères. Donc on ne peut parler d'Église, si Marie, la Mère du Seigneur, n'est avec ses frères». D‘ailleurs, dans les prières du commun de la Vierge au Temps Pascal, nous voyons que L'Esprit Saint fut envoyé aux Apôtres quand ils étaient en prière avec Marie».

             C'est une vérité lumineuse reprise par le Concile, que Marie n‘a pas seulement joué son rôle d'éducatrice au début de l'ère apostolique, mais qu'aujourd'hui encore, elle coopère par son amour maternel à l'enfantement et à l'éducation de nouveaux fils.
      Ainsi, à la collecte du 1er janvier, «c'est par Marie que les trésors du salut éternel sont accordés aux hommes». Et nous voyons sans cesse qu'aux fêtes mariales, prière est faite à Dieu par son recours «soutenu par son intercession, (mémoire de Marie-Reine le 22 Août), de même au 15 août «qu'intercède pour nous la très sainte Vierge Marie».
      St Amédée de Lausanne, (le 22 août) au livre des jours nous affirme «que Marie fait couler depuis le Mont Sion, jusqu'à toutes les Nations qui l'entourent, ou qui sont répandus au loin, des fleuves de paix, et des ruisseaux de grâce débordant du Ciel».

             Le thème de Marie Église est l'une des nouveautés majeures du nouveau missel, qui trouve écho tout au long du Bréviaire. Ainsi, Marie est présence agissante avec l'Église : Collecte (du 15 septembre) Marie est prière agissante avec les Apôtres, (Commun de la Bienheureuse Vierge Marie, et Collecte du Temps Pascal). Elle guide et soutient l'espérance du peuple de Dieu encore en chemin.

             Ainsi, ce nouveau thème offre une variété d'aspects différents, répondant à la piété du Peuple de Dieu et aux besoins de l'Église. Qu‘il suffise ici de citer les deux hymnes repris aux Vêpres de l'Annonciation et aux Communs des fêtes de la Vierge Marie.
«le 25 mars»

  «Commun Bienheureuse Vierge»

«Joie pour l'Église
au long du temps
Tu portes l'espoir du Royaume
Christ est vivant
Éclaire notre route jusqu'à l'aube
Étoile de l'Avent».
  «Reine des Anges, réjouis-toi
déjà l'Église en toi, contemple
la Création transfigurée
Fais-nous la joie de partager
l'exultation de ta louange».


  1. MARIE MODÈLE DE L' ATTITUDE SPIRITUELLE
    1. MARIE EST LA VIERGE QUI ÉCOUTE
    2.        Cette attitude d'écouter la Parole de Dieu est naturelle à Marie. Déjà, l'ancien Ordo aimait à répéter l'évangile Beata Viscera (Luc 11, 27- 28) aux fêtes de la Vierge. La Préface de l'Annonciation nous montre Marie accueillant la Parole de l'Ange dans la foi. La Parenté charnelle s'efface devant la parenté spirituelle pour ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la gardent. Marie est bienheureuse parce qu'Elle a cru. C'est la parole d'Elisabeth à la Visitation (Luc I, 45). La liturgie reprendra le même évangile à l'Assomption pour signifier le motif de son triomphe: la foi. Déjà à la Nativité ( Messe de l'aurore (Luc 2, 19) et à la fête de la Sainte Famille, Année C : «Elle garde toutes choses et les médite dans son cœur». Paul VI dans (Cultus Marialis) établit l'analogie entre Marie et l'Église qui écoute et accueille, vénère et distribue la parole.

    3. MARIE EST LA VIERGE QUI PRIE
    4.        C'est l'attitude même de Notre Dame tout au long de la liturgie. De la salutation angélique aux litanies, en passant par les hymnes, ou lorsqu'on la contemple dans les Antiennes. Elle exulte à la Visitation (Magnificat). Elle prophétise au nom de l'Église. Elle est suppliante et pleurante le 15 septembre, toujours présente à chaque développement de l'Église (Pentecôte.) (Ac 1, 14). Comme le chante la Préface du 8 décembre : «Choisie entre toutes les femmes, elle intervient en faveur de son Peuple».

    5. MARIE EST LA VIERGE QUI ENFANTE
    6.        St Léon le Grand nous dit que la Mère de Dieu a conçu dans son esprit avant de concevoir dans son corps. (cf Annonciation). C'est dans sa foi et dans son obéissance, qu'elle conçoit son fils unique, lorsque le Saint Esprit la couvrit de son ombre (Préface du 1er janvier).

             Au livre des jours, dans le sermon de Saint Bernard (le 15 septembre) Marie demeure dans l'Église, la Mère de tous les chrétiens. Si la première maternité fut naturelle, la seconde est mystique : «O quel échange, Jean t'es donné au lieu et à la place de Jésus ». Le bienheureux Alfred de Rielvaux dans la 2ème lecture du Commun, proclame le même mystère : «Marie n'est-elle pas notre Mère à nous aussi ? C'est par elle que nous sommes nés, non pas à ce monde, mais à Dieu». On trouvera la même affirmation dans les Actes du Concile, reprise au Commun où à la mémoire de la Vierge le Samedi, dans le sermon de Guerric d'Igny.

    7. MARIE EST LA VIERGE QUI OFFRE
    8.        Pie XII, le 29 juin 1943 (Mystici Corpori) affirmait que Marie avait offert son Fils au Père Éternel, s'associant ainsi d‘un cœur maternel à son sacrifice. C'est le sentiment de la liturgie. Ainsi à la Présentation le 2 février dans le choix des lectures. (Lc 2,22-40) (le cœur transpercé par un glaive), puis dans l'antienne du Magnificat aux Vêpres : «Toi qui as associé ta Mère à ton offrande, souviens- toi de tous ceux qui communient à ta Passion».
      Dans la compassion de Marie (le 15 septembre) à la prière après la communion, nous demandons à Dieu d'accepter nos prières et nos offrandes en l'honneur de la Vierge Marie qui devient notre Mère au pied de la Croix.
      Elle donne à l'immolation de la Victime (Lg 58) tirée de sa chair, le consentement de son amour.

    9. MARIE EST MAÎTRESSE DE VIE SPIRITUELLE
    10.        C'est dans le mystère de l'Incarnation que le «Fiat» de Marie devient, pour tous les fidèles, une leçon de vie spirituelle. Par son obéissance au Seigneur, elle est vraiment Servante. (préface I et II de la Ste Vierge). Debout près de la Croix, elle compatit par son consentement amoureux au sacrifice de son Fils et mérite la gloire du martyr (Alléluia du 15 sept). Aujourd'hui près du Sauveur, avec le titre de Reine du Ciel, elle intercède pour son peuple afin qu'il sache servir Dieu avec fidélité, travaille par la Parole et par l'exemple au rayonnement de la gloire de Dieu et de l'Église (2ème collecte Commun Vierge Marie T. P. IV).



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