Marie au coeur de notre vie


L'amour de Marie pour toi

 
       En des temps récents, la dévotion à la Mère de Dieu s'est affaiblie dans certaines parties de l'Église. Certains ont craint que trop honorer Marie puisse en quelque sorte éloigner de l'adoration du Christ. On a donc considéré opportun de radicaliser le christocentrisme, en soulignant de manière unilatérale l'unicité de la médiation salvifique dans le Christ, au détriment des médiations participées comme celles des Saints, des Anges et de la Mère de Dieu elle-même.
Mais ce faisant, on a oublié l'ancien adage : "ad Jesum per Mariam". La Mère nous accompagne toujours vers son Fils et ne nous éloigne jamais de Lui. Le Concile Œcuménique Vatican II s'est exprimé avec ces mots : « Chaque influx salutaire de la Bienheureuse Vierge envers les hommes ne naît pas d'une nécessité objective, mais d'une disposition purement gratuite de Dieu, et jaillit de la surabondance des mérites du Christ ; il se fonde par conséquent sur la médiation de Celui-ci, il dépend absolument d'elle, il y puise toute son efficacité, et il n'empêche pas le moins du monde l'union immédiate des croyants avec le Christ, au contraire il la facilite » (Lumen Gentium , n. 60)

       En réalité, nous devons reconnaître que le rôle de Marie, bien loin de constituer un obstacle, est une défense qui permet de reconnaître le Christ dans la foi. La Mère de Dieu, avec sa pureté virginale, représente et défend aussi la pureté de la doctrine chrétienne. Dans le bréviaire et dans le Missel de la « forme extraordinaire » (l'ancien rite), on trouve cette belle antienne mariale :
« Gaude, Maria Virgo, cunctas haereses tu sola interemisti in universo mundo – Réjouis-toi, Vierge Marie, toi seule as détruit toutes les hérésies dans le monde entier ». (Commission doctrinale de la Conférence des Évêques de France)
Comme le disait saint Louis de Montfort : « toute notre perfection consistant à être conformes, unis et consacrés à Jésus Christ, la plus parfaite des dévotions est sans difficulté celle qui nous conforme, unit et consacre le plus parfaitement à Jésus Christ, il s'ensuit que de toutes les dévotions, celle qui consacre et conforme une âme à Notre Seigneur est la dévotion à la Sainte Vierge, sa sainte Mère, et que plus une âme sera consacrée à Marie et plus elle sera consacrée à Jésus Christ. »(Traité de la vraie dévotion)

       Dans les Gloires de Marie, Saint Alphonse de Liguori nous dit "Marie est reine autant que son Fils est roi". Mais sainte Thérèse de Lisieux ajoute: "elle est plus mère que reine, ainsi si elle est reine elle est reine des miséricordes. C'est la son apanage ; A Jésus la justice, à Marie la miséricorde. Ce que nous disons dans le salve : "Salve Regina mater misericordiae." Salut, Reine, mère de miséricorde. L'ancien Testament nous donne le type de femmes remarquables qui annoncent de loin le rôle que Marie viendra exercer sur le monde. Ainsi Esther est elle une des figures de la Vierge Marie qui intervient en faveur de son peuple. De même Rebecca la femme d'Isaac, qui prend sur elle la ruse de son fils Jacob, enfin Judith qui court au danger pour sauver la ville de Béthulie et délivrer son peuple.

       Marie a donc été choisie par Dieu pour défendre un peuple de pêcheurs, son Peuple. Aussi Marie est elle notre mère et notre reine, mais quand nous disons « reine, elle l'est surtout des plus misérables, elle n'en repousse aucun. » dit Saint Grégoire VII.

       Dans les gloires de Marie St Alphonse dit : « Il est impossible qu'elle congédie par un refus ceux qui l'implorent.» C'est sa mission, sauver les pécheurs, car le sujet de sa miséricorde, ce sont les misérables. Et Notre Dame dira un jour a sainte Brigitte. :« il n'y pas dans tout le monde un seul homme assez maudit à cause de ses péchés pour n'avoir pas de part à ma miséricorde » .

       Ainsi Marie est elle constituée par Dieu comme la Mère de nos âmes, c'est la parole de Jésus à Jean au calvaire: "voici ta mère." et Jésus lui, en est le Père. Tout cela est affirmée dans la constitution Lumen Gentium au chapitre 8 « elle est pour nous une mère dans l'ordre de la grâce.» Saint Alphonse de Liguori nous dit encore que : « Marie, comme une mère veille sur tous, et son attention se porte sur chaque humain, et si nos yeux sont retenus en sorte que nous ne la voyons pas, Marie réside cependant au milieu de nous, par une présence d'amour en se manifestant de mille manière, c'est pourquoi nous croyons que la Mère de Dieu circule parmi nous.»

       Dans l'évangile son amour maternel s'exprime dès l'Incarnation par son "fiat" en acceptant la mission que l'ange lui assigne, puis a Cana en intercédant pour ceux qui n'ont plus de vin, au calvaire en offrant son enfant a Dieu mieux que ne l'avait fait Abraham, Mère des douleurs, elle portera alors dans ses bras tout le trésor de la Rédemption qu'elle a pour mission de distribuer a ses enfants. Mais surtout c'est Jésus qui d'une façon explicite l'affirme au Golgotha a saint Jean qui représente alors son église "Voici ta mère".

       St Alphonse nous dit encore que Marie nous fait plus de bien que notre Mère de la Terre. Elle nous sauve, elle nous protège et elle nous défend.
Le prophète Isaïe qui a annoncé le mystère de l'incarnation nous invitait déjà à recourir a elle : « Si quelqu'un est comme un enfant qu'il vienne à moi.» Même s' il est vrai que le texte s' adresse en premier lieu à la Sagesse éternelle.

       Marie nous aime. Les parents aiment leurs enfants et c'est un devoir. Marie elle, est une mère d'amour. Pourquoi nous aime t'elle tant dit saint Alphonse. "Parce qu'elle aime beaucoup Dieu qui lui nous aime le plus, parce que nous lui avons été recommandé par Jésus Christ agonisant, "voici ton fils" et parce que nous lui avons coûté tant de douleurs. Étant le prix du sang de Jésus. Elle nous aime tous autant que nous sommes. Mais cependant saint Alphonse nous dit, elle aime spécialement ceux qui l'aiment. Et cela est bon a savoir pour nous pour car « Si j'aime Marie ma persévérance est assurée et Dieu m'accordera tout ce que je voudrai. »Ainsi l'enseignait Saint Jean Berchmans

       Saint Stanislas Kosca avait des expressions nouvelles, des titres nouveaux pour Marie. Mais jamais nous ne pourrons aimer Marie autant qu'elle nous aime : s'adressant un jour à saint Alphonse Rodriguez, elle lui dit: « Il y a moins de distance entre le Ciel et la Terre qu'entre mon amour et le tien.»

       Saint Alphonse dit encore: "Marie aide les pécheurs, mais à la condition qu'ils renoncent au péché ou qu'ils prient au moins pour en sortir. « Omnis qui petit accepit. » Elle accueille alors la prière comme une Mère de miséricorde (et seule la bonne intention suffit, car elle est malheureuse de notre malheur), tout comme la cananéenne tourmentée pour sa fille.
« Tout pécheur même odieux au monde entier trouve un maternel accueil. » c'est l'enseignement de Saint Bonaventure. Car elle prie pour eux comme pour elle même, et elle les sauve tous. Ayant perdu son Fils sur la croix, elle ne veut pas nous perdre.

       Ainsi le pécheur doit prier Marie avec une invincible confiance. Et ne la quittons pas, qu'elle ne nous ait donné sa bénédiction.

       St Silouane a écrit: au sujet de l'amour de la mère de Dieu, que c'est un amour qui embrasse le monde entier.
“Bien que la vie de la mère de Dieu soit comme voilée par un silence sacré, le Seigneur de notre Église orthodoxe nous a cependant donné de savoir que son amour embrasse le monde entier, que, dans l'Esprit Saint, elle voit tous les peuples de la terre et que, tout comme son Fils, elle a de la compassion pour tous les hommes. Oh ! Si nous pouvions savoir comme la Toute Sainte aime ceux qui gardent les commandements du Christ, et comme elle a compassion et souffre pour ceux qui ne se corrigent pas. J'en ai fait l'expérience moi-même dit il et je ne mens pas, je parle devant la face du Dieu que mon âme connaît : en esprit, je connais la Vierge Toute-pure. Je ne l'ai pas vue, mais le Saint Esprit m'a donné de la connaître ainsi que son amour pour nous. Sans sa miséricorde, il y a longtemps que j'aurai péri ; mais elle voulut me visiter et m'exhorter à ne plus pécher. Elle me dit : « Je n'aime pas voir ce que tu fais.» Ses paroles étaient calmes et douces, mais elles agirent avec force sur mon âme. Plus de quarante ans ont passé depuis, mais mon âme ne peut oublier ces paroles. remplies de douceur. Je ne sais pas ce que je donnerai en retour pour son amour envers moi et comment je pourrai remercier la Mère du Seigneur. Elle est, en vérité, notre protectrice auprès de Dieu, et son nom suffit pour réjouir l'âme. Mais tout le Ciel et toute la terre se réjouissent de son amour. Merveille incompréhensible. Elle vit aux Cieux et contemple constamment la Gloire de Dieu, mais elle n'oublie cependant pas les pauvres que nous sommes et couvre sa protection tous les peuples de la terre.

       C'est sa Mère très pure que le Seigneur nous a donnée. Elle est notre joie et notre espérance. Elle est notre mère selon l'esprit, et elle est proche de nous selon la nature, comme être humain; et toute âme chrétienne s'élance vers elle avec amour.

Marie est dispensatrice des grâces

 
       Marie portant dans ses bras le trésor de la Rédemption dispense toutes les grâces, tant dans l'ordre de la loi naturelle et de la loi ancienne que dans la loi nouvelle. Elle a trouvé elle même grâce pour les dispenser (Saint Bernardin de Sienne). Elle ne la reçoit que pour nous. Marie est la ressource des pécheurs : « L'échelle des pécheurs. » dit Saint Bernard. Notre unique espérance « Saint Augustin », notre pardon, notre résurrection, notre réconciliation avec Dieu, notre salut. Tous ceux qui s'y réfugient échappe au naufrage de la damnation éternelle.

       Aussi la persévérance est impossible sans Marie, Marie seule donne la force contre les ennemis du salut. (Pr )« Mea est fortitudo, per me reges régnant. » Sans une dévotion spéciale envers Marie il est impossible de persévérer. Elle retient dans les devoirs : « Ses chaînes sont des liens de salut. » (Ecc 6). Elle orne de vertus. Elle ramène bientôt les égarés. Avec quel empressement elle nous aide.        Marie assiste les moribonds à la mort. Elle combat avec eux contre l'enfer. C'est l' exemple de saint André Avellin attaqué sur son lit par 10000 démons.

Aussi il faut « aimer à chanter les cantiques et les motets de la Sainte Vierge. Avoir une vraie dévotion à Marie est un signe de prédestination, un homme qui prie la Sainte Vierge fera du bien. Toutes les grâces nous ont été méritées par Jésus, mais elles nous viennent par la Sainte Vierge. Les réformateurs avaient en horreur la dévotion à Marie en raison de la mauvaise interprétation qu'ils avaient des Écritures.
Jésus a mérité le salut à Marie, elle est immaculée en raison de son rôle de Mère du Christ, elle est Médiatrice analogiquement- De même que l'on prend un avocat pour un accident, de même Marie est notre avocate auprès de Dieu. En disant à Jean voilà ta Mère, Jésus le disait à tous. Jean comme prêtre représentait toute l'humanité.
Marie épouse mystique du Christ et Mère de Dieu éduque ainsi ses enfants, et connaît par le Christ qui lui a révélé tous les secrets et les nécessités des âmes de chacun des prédestinés. Au pied de la croix , elle portait en ses bras tout le trésor de la Rédemption ainsi en possession de tous les dons de Dieu. Elle les répand sur qui elle veut . A la rue du Bac en 1830 s'adressant à sainte Catherine Labouré elle lui dit : « Venez aux pied de cet autel , là , les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur. Elles seront répandues sur les grands et sur les petits ».

Marie est Mère de nos âmes

 
       En lui donnant cette mission maternelle Dieu lui donne les moyens pour exercer ce rôle, comme elle a les clef des trésors de son Fils, toutes les grâces nous sont obtenues par Marie, c'est une doctrine qui fait partie de l'enseignement commun de l'Église. Quelle puissance ! les théologiens l'appelle "omipotentia suplex."

       Ce n'est qu'au Ciel que nous pourrons comprendre les bontés de Marie, ici bas nous avons besoin d'une maman. C'est pourquoi Dieu nous l'a donné. Bossuet osait dire que la seule chose que Dieu ait envié a l'humanité, c'est d'avoir une Mère". Mère de Dieu elle est aussi la nôtre, elle nous accorde ce qui nous est utile pour notre salut et aux prêtres qui ont pour mission d'être les coopérateurs du salut elle leur donne l'esprit de leur vocation :« si j'aime Marie, je suis assuré de ma persévérance dans ma vocation . » (Saint Jean Berchmans.)
« même si quelqu'un était engagé par erreur dans le sacerdoce, Marie lui obtiendra le complexe de grâces pour en faire un bon ministre. (saint Joseph Cafasso.) D'autre part elle met en fuite les tentations. « Si quelqu'un est tenté qu'il regarde l'étoile. » Saint Bernard.

       La bienheureuse Laura Vicuna qui était Fille de Marie (8/12/1901) –et qui portait la médaille miraculeuse disait « quelle joie pour moi d'être enfant de Marie." Avant de mourir elle répond au jeune séminariste Félix Ortiz qui lui demande « qu'est ce qui vous rend la plus joyeuse en cet instant : « ce qui me console le plus, c'est d'avoir toujours été dévouée à Marie. Oh oui elle est ma Mère. Rien ne me rend plus heureuse que de penser que je suis une fille de Marie. Saint Dominique Savio , un autre jeune salésien avait voulu se consacrer à l'Immaculée avec quelques camarades par un règlement approuvé par Don Bosco. « tu as beaucoup de bons garçons, mais aucun n'a une belle âme comme Dominique » disait maman Marguerite, or il avait une grande dévotion à Marie et à Jésus Eucharistie.
Pour connaître quelqu'un il faut dit on manger 100 kilos de sel avec lui, nous sommes loin de connaître Marie, parce que nous ne la fréquentons pas assez, et si nous ne la connaissons pas nous ne l'aimerons pas. Marie, Elle, nous aimera davantage quand nous ressemblerons davantage à son Divin Fils. Aussi cultivons les cantiques de la Sainte Vierge. Saint Ephrem et saint Louis Grignon de Montfort faisaient passer la théologie par les chants.» Il faut s'appliquer à tout ce qui est de la Vierge Marie. Dans une de ses poésies un saint franciscain disait : « si vous voulez savoir si je suis mort, écrivez le nom de Marie sur mon cœur, s'il ne tressaille pas, c'est que je le suis réellement.»Puissions nous avoir cette ferveur.

       Georges-Maurice, dans son livre Cortège Marial, Tome II, p. 32-33 nous raconte quelle fût la dévotion de Gabriel de la Dolorota, un jeune scholastique de l'ordre des passionnistes. « La tendresse que saint Gabriel avait pour la Sainte Vierge atteignait à une véhémence qu'on ne saurait exprimer. Son cœur était comme un brasier brûlant d'amour pour sa tendre Mère. Et si vive que fût sa dévotion mariale pendant qu'il vivait encore dans le monde, elle n'était, pourtant, que l'ombre, pour ainsi dire, de celle qu'il manifesta une fois devenu religieux. Dès son noviciat, il s'appliqua constamment à une union intime avec sa Mère du Ciel dans ses pensées, ses affections, ses paroles, ses actions. Il en était venu à ne plus perdre le souvenir de Marie, souvenir qui ne le quittait pas même pendant le sommeil, car ses rêves les plus fréquents avaient la Mère de Dieu pour objet. La Sainte Vierge était le sujet le plus ordinaire de ses conversations. Il avait toujours quelque chose de nouveau à dire de sa tendre Mère, et il faisait l'édification de tous ceux qui l'écoutaient. Ses lettres n'étaient qu'une longue louange de sa bonne Mère, qu'il désirait tant voir aimée et honorée des siens. Sans cesse, il leur recommandait la lecture du livre de saint Alphonse de Ligori intitulé "Les gloires de Marie" comme aujourd'hui nous y invite le pape François .C'est par amour pour la Sainte Vierge qu'il voulut s'appeler Frère Gabriel de Notre-Dame des Sept-Douleurs. En esprit de pénitence et comme moyen d'écarter de lui tout ce qui aurait pu le détourner du souvenir constant de la divine Vierge, Frère Gabriel pratiquait strictement la modestie des yeux. Après cinq ans de cette pratique, il en était arrivé à ne plus avoir de distractions pendant ses prières. Le jeune Saint s'était imposé un grand nombre de pratiques pieuses en l'honneur de Marie. L'une de ses plus chères dévotions était sa coutume d'offrir chaque jour à la bonne Mère un bouquet de petites mortifications, qu'il multipliait de façon étonnante. Mais il savait, et n'oublia jamais, que sa principale obligation de religieux était l'exacte observance de sa Règle. Il était également plein d'ardeur pour faire partager à tous sa dévotion envers Marie. Il voulait s'engager par vœu particulier à étendre le règne de Marie. À la grande joie de son cœur, ses Supérieurs lui permirent de faire ce vœu apostolique. Son agonie ne fut qu'une douce extase. Quelques instants avant de rendre le dernier soupir, il demanda l'image de Notre-Dame des Sept-Douleurs. L'ayant reçue, il la couvrit d'abord de baisers, puis la plaça sur son cœur, où il la pressa fortement de ses deux mains jointes. Soudain, un céleste sourire épanouit son visage, et c'est dans cette attitude qu'il rendit son âme. »Cortège Marial, Tome II, p. 32-33

la compassion de Marie

       C'est le 15 Septembre que l'on célèbre cette compassion de Marie en la fête de Notre Dame des douleurs. Elle rappelle les douleurs que la sainte Vierge a ressenti pendant la passion de Jésus-Christ. Ces douleurs furent les plus vives qu'une pure créature ait jamais ressenties. Elles sont à la mesure de l'amour que Marie avait pour son divin Fils : or, qui peut comprendre l'étendue de tout cet amour ? Les souffrances de Marie furent les plus vives et les plus grandes qu'il y ait jamais eu après celles du Sauveur. Richard de Saint-Victor dit que ce martyre de la Mère de Dieu lui tint lieu des plus rigoureux tourments. Saint Bernardin de Sienne va jusqu'à ajouter que si ses douleurs eussent été partagées par toutes les créatures capables de sentiments, elles leur eussent causé la mort. Ces douleurs extraordinaires lui ont mérité de la part de l'Église le titre glorieux de Reine des Martyrs, Regina Martyrum. Dans la plupart des Églises, la première lecture de la fête de Notre Dame des douleurs était autrefois prise au livre des Lamentations de Jérémie car c'est l'endroit où Jérusalem représente à Dieu tout l'excès de sa douleur et de son affliction. C'est avec la constance la plus parfaite que la sainte Vierge supporta ces douleurs avec une entière soumission aux ordres de Dieu.
C'est par erreur que des peintres la représentent parfois effondrée en pâmoison au pied de la Croix. Car l'Évangile n'en dit aucun mot. L'auteur du Stabat Mater dolorosa ( Jacopone da Todi), un franciscain du 13 è siècle nous dit que Marie se tenait debout aux pieds de la Croix).Son chant fut repris par la liturgie et mis en musique par Pergolèse. L'exemple de la sainte Vierge nous apprend ainsi à supporter patiemment les afflictions et les peines de cette vie.
(d'après l'Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

En conclusion

       les chrétiens doivent faire leur cette dévotion à Marie, car comme le dit encore Saint Alphonse de Ligori. « Il est impossible que Marie congédie par un refus ceux qui l'implorent.» « Tout pécheur même odieux au monde trouve en Marie un maternel accueil » disait Saint Bonaventure. (les Gloires de Marie)

       C'est pourquoi le pape Jean Paul II le 25/03/ 1984 a consacré le monde au Cœur Immaculé de Marie, en répandant aux demandes de Notre Dame de Fatima.
Si d'autre part les chrétiens désirent se sanctifier et porter du fruit ils doivent se souvenir de cette remarque de St Jean Berchmans «dès que j'ai songé à m'avancer dans la perfection, j'ai posé pour fondement de mon édifice, l'amour de la Reine du Ciel... » On raconte qu'avant de quitter la terre, ce grand saint Belge eut à subir une dernière épreuve : le démon l'assaillit à deux reprises à l'article de la mort. Mais le pieux moribond serra son crucifix dans ses mains défaillantes, avec son chapelet et son livre des Règles : «Voici mes armes, dit-il, avec ces trois trésors, je me présenterai joyeusement devant Dieu.» Il renouvela ses vœux de religion et recouvra la paix. En prononçant les noms bénis de Jésus et de Marie, saint Jean Berchmans s'endormit paisiblement dans le Seigneur. C'était le vendredi 13 août 1621, la cloche du collège romain annonçait son départ pour les demeures éternelles. Léon XIII l'a canonisé le 15 janvier 1888.